Grimoire / R3.02 / Résumé

Réseaux opérateurs

Introduction aux réseaux opérateurs

Format du module

  • 3 h de cours, 3 × 2 h de TD, 1 h d'examen. Enseignant : J. Toussaint (IUT Clermont Auvergne, département R&T).
  • Objectif du cours : étudier ce qu'est un réseau opérateur.

Qu'est-ce qu'un réseau opérateur ?

Entre la box ou le smartphone de M. Dupond et le serveur (web, vidéo, téléphonie, datacenter…), il y a une infrastructure de transport de l'information. On y distingue classiquement :

  • ce qui relie l'équipement de l'usager (box, téléphone) : le réseau d'accès ;
  • tout le reste : le réseau opérateur.

Place du cours dans le programme

  • Technologies de réseaux opérateurs : réseaux de collecte et de transport (ce module).
  • Technologies d'accès : réseau d'accès filaire.
  • Réseaux cellulaires : réseau d'accès et de collecte radio.
  • Ensemble, ces modules couvrent : les architectures supports et protocoles, les réseaux de transmission (PDH, SDH, OTN, WDM…) et la signalisation dans les WAN.

Services vs infrastructure

NotionDéfinition
ServicesCe qui est utilisé par l'usager : un particulier, une entreprise, un opérateur tiers.
InfrastructureL'infrastructure physique et les techniques de multiplexage qui font passer les flux des services sur l'infrastructure ⇒ des protocoles et des signalisations spécifiques.

Points d'attention

  • La technologie évolue vite, les besoins en débit encore plus.
  • Le matériel coûte cher et sa durée de vie se compte en dizaine(s) d'années.
  • Il faut une compatibilité entre les technos.
  • D'où des empilements protocolaires parfois complexes (ex. IP/MPLS/Ethernet/OTN).

Plan du cours

  1. Infrastructure physique.
  2. Techniques de multiplexage utilisées : protocoles et signalisation.

Insisté en cours : le travail complémentaire sur Colt (en binôme) est signalé par une flèche dans le poly. Étude des solutions « Colt » sous les 2 angles réseau opérateur / réseau d'accès : quels services pour quels clients ? quelles solutions techniques ? Document écrit de 5 pages (+ présentation orale dans la version PDF). Ce travail fera l'objet de questions à l'examen. Consulter le site web et télécharger les fiches techniques.

Infrastructure physique : exemples d'opérateurs

Présentation au travers d'exemples : Orange, Renater, Adista – Covage (Covage seul dans la version 2023), puis travail personnel sur Colt.

Orange : architecture globale (document de référence 2012 France Télécom)

De gauche à droite :

  • Accès : mobiles et antennes, box en xDSL et FFTH, DSLAM (xDSL).
  • Collecte :
    • backhaul mobile (SDH/PDH…) et transmission Ethernet pour les antennes ;
    • IP/MPLS / Gigabit Ethernet pour xDSL et FFTH ;
    • Collecte ATM pour les anciens DSLAM, reliée au BRAS.
  • Cœur : réseau cœur IP/MPLS, relié aux plates-formes de service (derrière pare-feu) et à Internet.
  • Note : le service ATM a été définitivement fermé au 31 décembre 2022.

Insisté en cours : sur le schéma Orange, l'OLT est ajouté à la main au point d'arrivée de la FFTH (équipement côté opérateur de la fibre).

Orange : réseau national et international

  • Carte WELDON 2014 : les PLD / POP (points de présence) reliés par des liens Weldon (France, Londres, Francfort, Zurich, Genève/CERN…).
  • Carte européenne : points de présence, points techniques, liaisons VDM (Paris, Londres, Francfort, Berlin, Varsovie, Madrid, Marseille…). Câbles sous-marins : TAT14, ACE, SMW3, SMW4, IMEWE.
  • Transatlantique : TAT14 (Manasquan, N.J., USA ↔ Europe), CBUS (Bermudes – Tortola), ECFS, Americas 2.

Renater (réseau national de la recherche)

  • Maillage national centré sur Paris, Lyon, Marseille ; liens vers SFINX, GÉANT (réseau paneuropéen), l'internet généraliste, l'Outre-Mer ; liaisons transfrontalières (RESTENA, BELNET, DFN).
  • Chiffres (version 2026) :
    • 10 000 km de fibres noires ;
    • équipements DWDM, 50 longueurs d'onde de 10 à n×100 Gbit/s ;
    • 10 Gbit Ethernet généralisé ;
    • 48 points de présence ;
    • 1 Tbit/s vers les réseaux académiques européens et mondiaux.
  • Une météo du réseau (weathermap) en ligne montre la charge des liens (IPv4, IPv6, VPN).

Renater – Lothaire – StanNET (Lorraine)

  • Lothaire = réseau régional lorrain : POP optiques (Nancy, Metz, Thionville, Épinal, Longwy, Luxembourg), réseaux métropolitains optiques (Nancy, Metz), fibre optique entre les POP, liens plus faibles vers les villes secondaires (30, 10 et 8 Mb/s).
  • Interconnexion au backbone Renater (Paris, Reims, Strasbourg) : extraction de longueurs d'onde à 10 Gb/s, extraction de liens Ethernet 10 Gb/s pour GRID 5000 ; connexions internes à 40 Gb/s et 10 Gb/s.
  • StanNET = réseau métropolitain de Nancy : 4 nœuds cœur en boucle (Montet, Manufacture, Sciences, Lionnois) desservant en étoile campus, CROUS, hôpitaux, rectorat…

Covage et Adista

OpérateurPoints clés
Covage60 000 km de fibre (dont 18 000 km de boucle locale), backbone 400 Gb/s, offres FTTO, FTTE, FTTH (GPON et XGSPON) et mobile (4G, 5G). En 2023 : réseau longue distance + boucles locales (Montpellier, Melun…).
AdistaBackbone privé, sécurité Fortinet, monitoring & reporting ; raccordements clients en FTTO, FTTH, 4G, tunnel IP.

Définitions : accès, collecte, transport

Boucle locale (= réseau d'accès)

Ensemble constitué de :

  • l'équipement actif de l'usager ;
  • l'équipement actif de l'opérateur de télécommunication ;
  • les équipements situés entre les deux (support de communication…).

Exemples :

  • ligne téléphonique exploitée avec le téléphone, le modem/routeur ADSL (= la box) et le commutateur téléphonique, le DSLAM ;
  • fibre optique exploitée avec l'ONT (la box) et l'OLT.

Caractéristiques : capillarité forte / pas de maillage / jusqu'à quelques km, échelle : ville, quartier.

Boucle locale = réseau d'accès = « dernier km » (last mile) = desserte.

Insisté en cours : double adduction = le client est relié par 2 fibres optiques distinctes (vers des réseaux distincts), pour la redondance.

Réseau de collecte

  • Collecte et transmet le trafic à l'échelle d'une (grosse) agglomération, d'un département, d'une région.
  • Un réseau de collecte par type de service (ex. un pour la téléphonie mobile, un autre pour les box internet).
  • Constitué de fibres optiques, faisceaux hertziens, équipements actifs de grosses capacités.
  • Capillarité faible / maillage faible / plusieurs dizaines de km.
  • = backhaul quand on parle de la collecte des réseaux mobiles.

Réseau de transport

  • Transmet le trafic à l'échelle nationale et internationale.
  • Acheminement mutualisé du trafic venant des réseaux de collecte.
  • Constitué de fibres optiques et d'équipements actifs de très grosses capacités.
  • Capillarité faible / maillage fort / plusieurs centaines ou milliers de km.
  • = backbone = cœur de réseau.

Tableau comparatif

Accès (boucle locale)CollecteTransport
Échelleville, quartieragglomération, département, régionnational, international
Capillaritéfortefaiblefaible
Maillageaucunfaiblefort
Distancequelques kmdizaines de kmcentaines / milliers de km
Autre nomlast mile, dessertebackhaul (mobile)backbone, cœur de réseau

POP / IXP / GIX

  • POP = Point of Presence.
  • IXP = Internet eXchange Point.
  • GIX = Global Internet eXchange point.

Pourquoi et comment multiplexer

Les flux à transporter

  • flux IP (sortie d'un routeur IP) – MPLS ;
  • flux MIC, PDH (sortie d'un commutateur téléphonique) ;
  • flux Ethernet (VPN) ;
  • flux SDH ;
  • flux OTN ;
  • etc.

Tous dans le support disponible : la fibre optique.

Pourquoi multiplexer ?

Une fibre a une très grosse capacité : plusieurs (dizaines de) Terabits/s. Elle est donc forcément exploitée pour transporter en même temps de nombreux flux différents, qui sont multiplexés.

À retenir : record expérimental d'avril 2023 : 1 604 300 Gbit/s sur 25 km.

Infrastructure générale (vue en couches)

  • Au centre : l'infrastructure optique (commutateurs optiques / MIO optiques, en rouge).
  • Autour : l'infrastructure SDH ou OTN (commutateurs OTN, en bleu).
  • En périphérie, les affluents : routeurs IP, commutateurs Ethernet, commutateurs téléphoniques.

Insisté en cours : les nœuds rouges du cœur sont des multiplexeurs optiques.

Logique de l'infrastructure globale

CoucheCapacité exprimée en…
IP/MPLSdébit (Mbps ou Gbps)
OTNmodules de transport numériques ODUk
DWDMcanaux optiques (longueurs d'onde)

Chaque couche demande des ressources à la couche du dessous : IP/MPLS → OTN → DWDM. La suite du cours commence par le cœur optique.

Cœur optique : WDM et OADM

Exploitation de base de la fibre

  • À la base : un faisceau lumineux par fibre.
  • Chaque rayon lumineux transporte un multiplex temporel.
  • Chaîne : laser (λ1) → fibre → AO (amplificateurs optiques) → photodiode.
  • Problèmes : fibres installées encombrées ; déploiement de nouvelles fibres très coûteux (génie civil).

Insisté en cours : λ = longueur d'onde ; AO = amplificateur optique.

WDM (Wavelength Division Multiplexing)

  • But : augmenter la capacité d'une fibre sans la changer.
  • Principe : ex. 4 rayons lumineux de longueurs d'onde différentes, chacun transporte un multiplex temporel à 2,5 Gbit/s ⇒ 10 Gbit/s au total.
  • Chaîne : λ1…λ4 → MUX → AO → AO → AO → DEMUX → λ1…λ4.
  • Technologie permise par :
    • multiplexeurs/démultiplexeurs optiques ;
    • amplificateurs optiques, qui amplifient en même temps plusieurs faisceaux de longueurs d'onde différentes.
  • Débits par λ courants aujourd'hui : 10 Gbit/s, 100 Gbit/s, voire 400 Gbit/s.

Variantes de WDM (xWDM)

VarianteEspacementNb de λDébit par λ (Gbit/s)Débit potentiel
CWDM (Coarse)20 nm8 à 161,25 et 2,510G à 25G
WDM–3210 et 40320G à 1,28T
DWDM (Dense)< 0,8 nm30010 et 403T à 12T
U-DWDM / UDWDM (Ultra Dense)< 0,1 nm102210 et 4010T à 40T
  • Jusqu'à ~1000 longueurs d'onde sur une même fibre.
  • Certains débits sont encore indisponibles car très coûteux (même pour un opérateur), « mais pas que pour ça ».

Commutation

  • Commutation : sur un routeur ou un commutateur, action de diriger l'information vers la bonne sortie.
  • Deux familles :
FamilleCe qui est commutéTemps de réaction
Commutation rapidechaque trame< 10 ns
Commutation lentele faisceau lumineux> 1 ms

Commutation optique : FOADM et ROADM

  • FOADM / ROADM = Fixed / Reconfigurable Optical Add and Drop Multiplexer.
  • OADM = MIEO = Multiplexeur à Insertion/Extraction Optique.
  • Un OADM, entre des MUX/DEMUX, insère et extrait des longueurs d'onde sur des fibres WDM ; les autres λ passent.
  • « Reconfigurable » : le ROADM est reconfigurable sans interrompre le trafic et à distance.

À retenir : exemple de cœur optique en boucle : 4 OADM (Clermont, Lyon, Valence, Issoire) reliés par des liens (x)WDM. Une λ insérée à Clermont peut être extraite à Lyon ou à Issoire, les autres traversent les OADM intermédiaires.

  • Le cœur optique = commutateurs optiques ou MIO optiques reliés par fibre optique, chaque lien portant des faisceaux lumineux.
  • Suite du cours : exploiter chaque faisceau (chaque λ) pour y multiplexer des flux binaires.

SDH et OTN

Multiplexage des flux binaires sur une longueur d'onde

  • Un opérateur peut mettre à disposition d'un client une ou plusieurs longueurs d'onde entre 2 points de son réseau longue distance : on parle d'exploiter (louer…) une lambda.
  • Une λ est souvent exploitée avec SDH (+/- obsolète).
  • Les λ disponibles sont exploitées par OTN.
  • SDH et OTN récupèrent un flux binaire et le transforment en flux optique (= une λ modulée).

SDH (Synchronous Digital Hierarchy)

  • Concepts issus de SONET (Synchronous Optical NETwork), développé en 1985.
  • Recommandations G.707, G.708, G.709… de l'UIT-T (1988).
  • Prévu pour exploiter une longueur d'onde sur fibre optique, mais aussi des faisceaux hertziens.
  • STM-x = Synchronous Transport Module – level x :
STM-1STM-4STM-16STM-64STM-256
155 Mbit/s622 Mbit/s2488 Mbit/s ≈ 2,5 Gbit/s9953 Mbit/s ≈ 10 Gbit/s38813 Mbit/s ≈ 40 Gbit/s

SDH : limitations et évolutions

  • SDH exploite une seule longueur d'onde à la fois ⇒ impossible de répartir un même flux (très gros débit) sur plusieurs λ.
  • Limité à 40 Gbit/s.
  • SDH de plus en plus remplacé par OTN (+ Ethernet) pour exploiter les λ.
  • Pas question de supprimer d'un coup tous les équipements SDH (€€€) ⇒ OTN sait transporter des flux SDH.

OTN (Optical Transport Network)

  • Standards ITU : G.872 (1999, dernière version 2017), G.709/Y.1331 (2001 – 2016), G.798 (2002 – 2012), etc.
  • Exploite des ROADM et des liens (x)WDM (gère la commutation).
  • Gère plusieurs λ simultanément, jusqu'à 400 Gbps/λ, 1 Tbps/λ en projet.
  • Transporte des trames Ethernet, IP/MPLS, SDH, MPLS-TP, ATM…
  • Implémente un puissant mécanisme de FEC.
  • Déployé par Orange, Renater… pour leur cœur de réseau optique.
  • Matériels : Ciena 6500 et 5400 Packet-Optical Platform, Nokia 1830 PSS, Huawei OSN 1800, 8800 et 9800.

Insisté en cours : FEC est développé à la main dans les notes (« Forward Error … »). Le sens standard : Forward Error Correction, correction d'erreurs à la réception grâce à de la redondance ajoutée à l'émission.

Conteneurs ODU (client → conteneur)

ClientConteneur ODUDébit
GE (1GE)ODU01,25 Gb/s
OC48 / STM-16ODU12,5 Gb/s
DiversODUFlexN × 1,25 Gb/s
10GE / OC-192 / STM-64ODU2 / ODU2e10 Gb/s
40GEODU340 Gb/s
100GEODU4105 Gb/s
200GEODUC2210 Gb/s
400GEODUC4421 Gb/s

Chaîne OTN : Mapping (client → ODU) → Muxing / switching / protecting → Transporting (OTUCn, N × 100G par onde).

OTN : principe simplifié

Cas 1 : flux Ethernet de la ville A vers la ville B, deux clients (client 1 : 1G, client 2 : 10G).

  1. Les commutateurs OTN demandent aux OADM la réservation d'un faisceau λ1 de A à B.
  2. Les données reçues des commutateurs Ethernet sont insérées dans une trame OTN, elle-même modulée sur λ1.
  • Trame OTN : en-tête, slots de temps (emplacements pour insérer les données des clients), FEC en fin de trame.
  • À l'arrivée (B) : démodulation du faisceau reçu de l'OADM, puis extraction des données des slots vers chaque client.

Cas 2 : nouveau flux (client 3 : 10G) de A vers C : réservation d'un nouveau faisceau λ2 de A à C, les données vont dans une nouvelle trame OTN modulée sur λ2.

Synthèse de l'infrastructure et convergence IP/optique

Le noyau de base

  • Infrastructure optique (commutateurs optiques ou MIO optiques) entourée de l'infrastructure SDH ou OTN (commutateurs OTN).
  • Liens : fibre optique et faisceaux lumineux.

Insisté en cours : dans la légende du noyau de base, « MIE SDH » est barré : on ne garde que commutateur OTN (SDH en voie d'abandon).

Le noyau exploité par différents services (affluents)

UsageAffluents raccordés au noyau
« Internet »routeurs IP
Infrastructure Ethernetcommutateurs Ethernet
RTC (téléphone)commutateurs téléphoniques
Au finalles trois types mélangés sur le même noyau

Évolution : convergence IP/optique (version 2026)

Plusieurs noms :

  • RON – Routed Optical Network ;
  • CORA – Converged Optical Routing Architecture ;
  • IP-Optical Coordination ;
  • désagrégation entre le routage et le transport.

Principes :

  • les transpondeurs sont intégrés dans les modules des routeurs ;
  • il n'y a plus de couche OTN spécifique ;
  • seule la couche photonique reste nécessaire (amplis + mux/demux).

Exemple Renater : modèle actuel

  • Couche Ethernet et IP/MPLS avec équipements de niveaux 2 et 3 : commutateurs Ethernet, routeurs IP/MPLS.
  • Couche transport : partie OTN (transpondeurs, commutateurs), éventuellement avec des fonctions Ethernet ; couche purement photonique (amplis, mux/demux).

MPLS

Transport efficace de l'IP sur WAN

  • Sur SDH : encapsulation, ex. IP/MPLS/SDH.
  • Sur OTN : encapsulation, ex. IP/MPLS/Ethernet/OTN.
  • MPLS = MultiProtocol Label Switching.
  • Intérêts : multi-protocole ; permet la QoS, les VPN, l'ingénierie de trafic.

Vocabulaire du domaine MPLS

TermeRôle
Routeur « standard »hors du domaine MPLS
Ingress LSR (I-LSR)routeur périphérique d'entrée
Core LSRrouteur d'infrastructure (cœur)
Egress LSR (E-LSR)routeur périphérique de sortie
LSPLabel Switched Path : chemin unidirectionnel suivi par une FEC
FECForwarding Equivalence Class : classe de paquets traités de la même façon

À retenir : en MPLS, FEC = Forwarding Equivalence Class. En OTN, FEC = correction d'erreurs. Même sigle, deux sens différents.

Rôle de chaque routeur

Routeur périphérique d'entrée (I-LSR)

  • classification du paquet entrant : détermination de sa FEC, ajout du label correspondant ;
  • les paquets d'une même FEC suivent le même chemin (LSP) ;
  • exemples de classes : toutes les trames vers le même sous-réseau destination ; tous les trafics d'un certain type vers une destination donnée…
  • la classification utilise une base d'information (ex. routage IP unicast sur l'adresse du sous-réseau destination) ;
  • transmission vers le routeur suivant.

Routeur d'infrastructure (Core LSR)

  • lecture du label du paquet entrant ;
  • consultation de la table de commutation (entrée : interface + label → sortie : interface + label) ;
  • échange / modification du label (swap) ;
  • émission vers le routeur suivant.

Avant-dernier routeur

  • consultation du label ;
  • retrait du label (pop) ;
  • mise à jour du TTL de l'en-tête IP ;
  • émission vers le routeur suivant.

Routeur périphérique de sortie (E-LSR)

  • consultation de la table de routage IP (routage IP classique) ;
  • transmission vers le routeur externe indiqué.

En-tête MPLS (ajouté par l'I-LSR)

ChampTaille
Label20 bits
Expérimentaux3 bits
Bottom of Stack (S)1 bit
TTL8 bits

Total : 32 bits. En couche 2 (PPP), le type 0x8847 signale un en-tête MPLS ; 0x0800 = paquet IP classique.

Exemple de parcours (IP dest 192.168.27.32)

ÉtapeTrame
Avant l'I-LSR0x0800, IP TTL = 54
Après l'I-LSR0x8847, Label = 24, TTL = 53, S = 1, IP TTL = 54
Après un Core LSR0x8847, Label = 32, TTL = 52, S = 1
Après l'avant-dernier (pop)0x0800, IP TTL = 51
Après l'E-LSR0x0800, IP TTL = 50

Constitution des tables de commutation : 4 alternatives

  • LDP : Label Distribution Protocol ;
  • MBGP : MPLS BGP ;
  • CR-LDP : Constraint Routing – Label Distribution Protocol ;
  • RSVP-TE : ReSerVation Protocol – Traffic Engineering.

MPLS et Cisco

  • Appellation obsolète des labels : Tag.
  • LIB (Label Information Base) : tous les labels générés localement et appris des voisins par LDP.
  • LFIB (Label Forwarding Information Base) : table de commutation extraite de la LIB, c'est elle qui sert à la commutation.

Constitution des LFIB (schéma Herbert Haas)

Étape 1 : construction des tables de routage avec OSPF (ex. R2 : 20/8 via R3, 20/8 via R6).

Étape 2 : construction des LFIB avec LDP, depuis la destination vers la source :

  • R5 débute (messages 1 et 1bis) : les avant-derniers routeurs apprennent qu'ils doivent supprimer l'en-tête MPLS pour 20/8 (do POP).
  • R6 (resp. R4) annonce à ses voisins le label attendu (messages 2 / 2bis) :
    • flux venant de R2 : label 12 (FIB : 20/8 via R5 do POP ; LFIB : In 12 / Out pop) ;
    • flux venant de R5 : label 7.
  • Sur réception du message 2, R2 annonce son label : ex. il dit à R1 d'utiliser le label 41.
  • La meilleure route OSPF choisit le label retenu dans la FIB puis dans la LFIB : R2 a LFIB In 41 / Out 12 (via R6).
  • LDP s'exécute aussi en sens inverse, mais sans information IGP sur ces chemins, donc normalement inutilisé.

À retenir : LDP distribue les labels de l'aval vers l'amont (de la destination vers la source). Le choix du label de sortie suit la meilleure route de l'IGP (OSPF).